Coût logistique : quel pourcentage du chiffre d'affaires ?
Le coût logistique pèse le plus souvent entre 5 et 15 % du chiffre d'affaires selon le secteur, autour de 10 % dans l'industrie. Ce que le ratio inclut, pourquoi il varie autant, comment le calculer chez vous, et le poste qu'aucune moyenne ne fait apparaître.
L'essentiel
Le coût logistique pèse le plus souvent entre 5 et 15 % du chiffre d'affaires selon le secteur, autour de 10 % dans l'industrie. Ce que le ratio inclut, pourquoi il varie autant, comment le calculer chez vous, et le poste qu'aucune moyenne ne fait apparaître.
Les ordres de grandeur par secteur, à manier avec prudence
Les enquêtes que publient périodiquement les fédérations professionnelles de la logistique et les cabinets d'étude convergent vers une fourchette large, de 5 à 15 % du chiffre d'affaires, avec une valeur médiane qui se situe autour de 10 % pour l'industrie manufacturière en France et en Europe. À l'intérieur de cette fourchette, les secteurs se répartissent selon la valeur de ce qu'ils transportent : l'agroalimentaire, les matériaux de construction, la chimie de base et les produits pondéreux se situent dans le haut, parfois au-delà de 15 %, parce qu'un camion de farine ou de granulats coûte le même prix qu'un camion de composants électroniques et rapporte beaucoup moins ; la pharmacie, l'électronique, le luxe et les biens d'équipement à forte valeur ajoutée se situent dans le bas, souvent entre 3 et 6 %. Le commerce de détail et le e-commerce forment un cas à part, où la livraison du dernier kilomètre et les retours peuvent porter le ratio bien au-dessus de la moyenne industrielle. À l'échelle d'une économie développée, les études macroéconomiques situent d'ailleurs le poids de la logistique autour de 8 à 10 % du produit intérieur brut, ce qui donne un repère cohérent avec ces ratios d'entreprise. Ces chiffres varient d'une enquête à l'autre selon le périmètre retenu, et je conseille de les lire comme des ordres de grandeur plutôt que comme une cible.
Ce que le ratio inclut, et ce qu'il laisse dehors
Le numérateur du ratio n'est pas normalisé, et c'est la première raison pour laquelle deux entreprises affichant le même pourcentage peuvent avoir des logistiques très différentes. La plupart des enquêtes y mettent le transport amont et aval, l'entreposage avec ses loyers, ses amortissements et ses salaires, la manutention et la préparation des commandes, l'emballage, les prestataires externes, les systèmes d'information logistiques et l'administration des flux. Le coût de possession du stock, qui recouvre le capital immobilisé, l'assurance, l'obsolescence et la démarque, est tantôt inclus, tantôt exclu, et à lui seul il déplace le ratio de plusieurs points, puisqu'il représente souvent 20 à 35 % de la valeur du stock chaque année. Sont presque toujours laissés dehors les achats eux-mêmes, les droits de douane quand ils sont traités en coût d'acquisition, et le coût des ventes perdues faute de disponibilité. Nous avons détaillé ailleurs la décomposition du coût logistique total poste par poste ; ce qui compte ici est de fixer par écrit votre propre périmètre avant de comparer quoi que ce soit, et de le garder identique d'une année sur l'autre.
Pourquoi le ratio varie autant d'une entreprise à l'autre
Le premier facteur est la densité de valeur des produits, autrement dit le chiffre d'affaires transporté par palette ou par tonne, qui explique l'essentiel des écarts entre secteurs et parfois entre deux gammes d'une même entreprise. Viennent ensuite la géographie du réseau, nombre d'entrepôts, distances vers les clients, part de l'export, puis la promesse commerciale, car livrer en 24 heures avec un taux de service élevé impose des stocks avancés et des camions moins remplis que livrer en une semaine. Le degré d'externalisation joue aussi, sur la lisibilité plus que sur le niveau : une logistique confiée à un prestataire apparaît en une ligne de facture, une logistique internalisée se disperse entre salaires, loyers et amortissements, et la seconde est presque toujours sous-évaluée. Il faut enfin regarder le dénominateur, ce que l'on oublie souvent : une hausse des prix de vente fait baisser le ratio sans qu'un seul camion ait changé, et une baisse des prix le fait monter à logistique constante. Un ratio qui bouge d'une année sur l'autre raconte donc autant l'histoire du chiffre d'affaires que celle de la logistique.
Comment calculer le coût logistique en pourcentage du CA chez vous
Le calcul tient en une journée de travail avec le contrôle de gestion, à condition de procéder poste par poste plutôt que de chercher une ligne « logistique » qui n'existe dans aucun plan comptable. Prenez les douze derniers mois, additionnez le transport facturé par les prestataires et le transport en propre valorisé en coût complet, les loyers et amortissements des entrepôts, les salaires chargés des équipes de réception, de stockage, de préparation et d'expédition, les consommables d'emballage, les licences et la maintenance des systèmes logistiques, les frais administratifs des flux, puis ajoutez le coût de possession du stock en multipliant le stock moyen par votre taux de possession. Divisez ce total par le chiffre d'affaires hors taxes de la même période, et vous obtenez le ratio global. L'exercice devient réellement utile quand on le décline par flux ou par famille de produits, parce que la moyenne d'entreprise masque presque toujours une gamme dont la logistique dévore la marge et une autre qui subventionne la première. Conservez la feuille de calcul avec ses hypothèses, puisque la valeur du ratio se trouve dans son évolution d'une année sur l'autre bien plus que dans sa comparaison à une moyenne sectorielle.
Ce que cache une moyenne sectorielle
Comparer son ratio à la moyenne de son secteur est le premier réflexe, et c'est celui qui induit le plus en erreur. Un ratio de 8 % dans un secteur à 11 % peut signifier une logistique performante comme une promesse client dégradée, des stocks trop bas qui génèrent des ruptures, ou simplement un périmètre de calcul plus étroit que celui de l'enquête ; un ratio supérieur à la moyenne peut, à l'inverse, financer un taux de service qui fait gagner des contrats. Le ratio ne prend son sens que mis en regard du service rendu, du niveau de stock et de la marge, et suivi dans le temps sur un périmètre constant. Il y a plus gênant : les moyennes sectorielles sont construites à partir des dépenses identifiées comme logistiques dans les comptes des répondants, et elles reproduisent donc fidèlement les angles morts de la comptabilité analytique. Ce qui ne porte pas d'étiquette dans les comptes n'entre dans aucune enquête, et une catégorie entière de coûts se trouve dans ce cas.
Le poste absent de tous les ratios : le coût des imprévus
Le transport express commandé pour rattraper un fournisseur en retard atterrit dans la ligne transport, le surstock de précaution constitué après une rupture atterrit dans le coût de possession, la vente perdue n'atterrit nulle part, et les heures passées en cellule de crise se diluent dans la masse salariale : chacun de ces coûts est la conséquence d'un écart au plan, et aucun n'est comptabilisé comme tel. Sur les périmètres que nous étudions, ces imprévus mal absorbés pèsent entre 4 et 12 points de marge par an, un montant du même ordre que le coût logistique visible, et qui reste invisible dans le ratio parce qu'il est réparti sur tous ses postes. La tentation est alors de renforcer la prévision pour les faire disparaître, et c'est une impasse, car une bonne prévision tombe juste huit fois sur dix et les deux fois restantes suffisent à produire l'essentiel de ces coûts ; ce qui les fait grossir, c'est le temps qui s'écoule entre le moment où l'écart apparaît et le moment où quelqu'un décide, avec les bonnes options sous les yeux. Mesurer le coût logistique en pourcentage du chiffre d'affaires reste un exercice utile pour piloter les dépenses courantes, et il gagne à être complété par une seconde mesure, celle du coût de vos réactions aux écarts, qui ne figure dans aucune moyenne sectorielle et qui décide pourtant de la marge que la logistique laisse à la fin de l'année.
Cet article part d'une conviction : la prévision parfaite n'existe pas, ce qui compte c'est la décision d'après.
- Les ordres de grandeur par secteur, à manier avec prudence
- Ce que le ratio inclut, et ce qu'il laisse dehors
- Pourquoi le ratio varie autant d'une entreprise à l'autre
- Comment calculer le coût logistique en pourcentage du CA chez vous
- Ce que cache une moyenne sectorielle
- Le poste absent de tous les ratios : le coût des imprévus
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Questions fréquentes
Quel est le coût logistique moyen en pourcentage du chiffre d'affaires ?
Autour de 10 % du chiffre d'affaires dans l'industrie, dans une fourchette de 5 à 15 % selon le secteur. Les produits pondéreux et à faible valeur au kilo, agroalimentaire, matériaux, chimie de base, se situent dans le haut de la fourchette, parfois au-delà, tandis que la pharmacie, l'électronique et le luxe descendent souvent entre 3 et 6 %. Ces ordres de grandeur proviennent d'enquêtes sectorielles dont le périmètre varie, et ils servent de repère plutôt que de cible.
Comment calculer le coût logistique en pourcentage du CA ?
En additionnant sur douze mois tous les postes logistiques, transport, entreposage, main-d'oeuvre de manutention et de préparation, emballage, prestataires, systèmes et administration, plus le coût de possession du stock, puis en divisant par le chiffre d'affaires hors taxes de la même période. Le calcul poste par poste est indispensable parce qu'aucun plan comptable ne contient de ligne logistique unique. Décliné par famille de produits, il révèle les gammes dont la logistique consomme la marge.
Le coût de possession du stock fait-il partie du coût logistique ?
Cela dépend de l'enquête, et c'est l'une des principales sources d'écart entre les ratios publiés. Le coût de possession, capital immobilisé, assurance, obsolescence, démarque, représente souvent 20 à 35 % de la valeur du stock par an et déplace le ratio de plusieurs points selon qu'on l'inclut ou non. Le plus sûr est de l'inclure dans votre propre calcul et de le mentionner explicitement quand vous comparez votre ratio à une moyenne.
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