Stock mort, dormant, obsolète : détecter, chiffrer, réduire
Une partie de votre stock ne bouge plus depuis des mois et coûte tous les jours. Comment repérer le stock mort, le chiffrer, le liquider et surtout tarir sa source.

L'essentiel
Un stock mort, ou dead stock, est un stock qui n'a enregistré aucun mouvement depuis une période anormalement longue au regard de sa rotation attendue. Il coûte trois fois : trésorerie immobilisée, frais de possession de 20 à 35 % de sa valeur par an, et perte de valeur jusqu'à la dépréciation. Le taux de stock mort se calcule en divisant la valeur sans mouvement par la valeur totale du stock, et sa source est presque toujours une décision de couverture prise sans chiffrage.
Stock mort, dormant, obsolète : de quoi parle-t-on ?
Un stock mort, ou dead stock en anglais, est un stock qui n'a enregistré aucun mouvement depuis une période anormalement longue au regard de sa rotation attendue, six mois ou un an selon les métiers. On parle aussi de stock dormant ou de stock inactif pour la même réalité. Le stock obsolète va un cran plus loin : plus aucune demande n'est attendue, parce que le produit a été remplacé, la machine qu'il servait retirée ou la norme changée. Entre les deux existe tout un dégradé de références à rotation résiduelle. Le point commun de ces trois familles est qu'un taux de rotation global correct les dissimule très bien : une entreprise peut afficher une rotation saine avec une part significative de son stock qui ne bouge plus du tout.
Ce que le stock mort coûte vraiment
Le stock mort coûte trois fois. Il coûte en trésorerie, puisque c'est du besoin en fonds de roulement immobilisé sans perspective de retour. Il coûte en frais courants, le taux de possession, souvent 20 à 35 % de la valeur par an, s'appliquant à lui comme au stock utile, en entreposage, assurance et manutention, pour des références qui ne rapporteront rien. Il coûte enfin en valeur : plus il dort, plus la probabilité de le solder ou de le mettre au rebut augmente, jusqu'à la dépréciation comptable qui officialise la perte. Un stock mort conservé trois ans peut avoir coûté en frais cumulés la moitié de sa valeur, avant d'être déprécié quand même.
Comment calculer et suivre le stock mort
Trois calculs suffisent à piloter le sujet. La valeur du stock mort s'obtient en multipliant, pour chaque référence sans mouvement, la quantité par le coût unitaire. Le taux de stock mort rapporte cette valeur à la valeur totale du stock, et c'est l'indicateur à suivre dans le temps. Le coût annuel de détention s'obtient en appliquant votre taux de possession à cette valeur. Un exemple rend la mécanique concrète : 1 200 références sans mouvement depuis douze mois, valorisées en moyenne 45 euros, représentent 54 000 euros de stock mort ; sur un stock total de 900 000 euros, le taux de stock mort atteint 6 %, et la détention de ces références coûte environ 13 500 euros par an à 25 % de taux de possession. Ce chiffre, posé une fois devant une direction, débloque des arbitrages qui traînaient depuis des années.
Les repères par secteur
Le seuil à partir duquel une référence bascule dans le stock mort dépend entièrement du métier, et la part acceptable également. Les repères ci-dessous sont des ordres de grandeur indicatifs, à confronter à vos propres chiffres : ils servent surtout à situer si votre situation relève du bruit de fond ou du vrai problème.
| Secteur | Délai sans mouvement avant alerte | Cause dominante |
|---|---|---|
| Textile et mode | 1 à 2 saisons | Collections dépassées, tailles extrêmes |
| Électronique grand public | 3 à 6 mois | Renouvellement rapide des gammes |
| Agroalimentaire | Avant la DLC | Surproduction, promotions ratées |
| Pièces industrielles et SAV | 12 à 24 mois | Machines retirées du parc |
| Cosmétique | 6 à 12 mois | Dates limites d'utilisation, éditions limitées |
Détecter et purger : la mécanique
La détection tient en une requête : lister les références sans sortie depuis N mois, valorisées, triées par montant décroissant. Le haut de la liste concentre l'essentiel de l'enjeu, et il est souvent plus court qu'on ne l'imagine. Pour chaque poche significative, trois issues se comparent froidement : réactiver, quand une demande existe ailleurs, chez un client, un autre site ou sur le marché de l'occasion ; solder, car vendre à prix cassé libère la trésorerie et arrête les frais ; rebuter, quand les frais de conservation dépassent tout espoir de valeur. La pire option est presque toujours le statu quo, qui continue de payer le taux de possession sur une valeur qui fond. La purge doit être périodique et outillée, pas un grand nettoyage tous les cinq ans.
Tarir la source plutôt qu'écoper
Purger ne suffit pas si la machine à stock mort continue de tourner. Ses sources sont connues : des minimums de commande fournisseurs acceptés sans chiffrage, des fins de série mal anticipées, des prévisions optimistes jamais confrontées au réel, et surtout des décisions de surstockage prises sous la pression d'un aléa puis jamais réinterrogées. Chaque imprévu mal arbitré laisse des sédiments : on a surcommandé pour se couvrir, la crise est passée, le stock est resté. Tracer l'origine des poches mortes lors de chaque purge révèle ces mécanismes et permet de les corriger en amont. Le stock mort d'aujourd'hui est la photographie des décisions mal chiffrées d'hier.
Cet article part d'une conviction : la prévision parfaite n'existe pas, ce qui compte c'est la décision d'après.
La fiche à retenir

- Stock mort, dormant, obsolète : de quoi parle-t-on ?
- Ce que le stock mort coûte vraiment
- Comment calculer et suivre le stock mort
- Les repères par secteur
- Détecter et purger : la mécanique
- Tarir la source plutôt qu'écoper
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Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un stock mort ?
Un stock mort, ou dead stock, est un stock sans aucun mouvement depuis une période anormalement longue au regard de sa rotation attendue, typiquement six mois à un an. On parle aussi de stock dormant ou inactif. Le stock obsolète va plus loin : plus aucune demande n'est attendue.
Comment calculer le stock mort ?
Valeur du stock mort = quantité sans mouvement × coût unitaire, référence par référence. Le taux de stock mort rapporte cette valeur à la valeur totale du stock. Le coût annuel s'obtient en appliquant votre taux de possession, souvent 20 à 35 %, à cette valeur.
Comment se débarrasser d'un stock mort ?
Trois issues à comparer poche par poche : réactiver s'il existe une demande ailleurs, solder pour libérer la trésorerie et arrêter les frais, ou rebuter quand la conservation coûte plus que tout espoir de valeur. Le statu quo est presque toujours la plus coûteuse des options.
Quelle différence entre stock mort et stock dormant ?
Les deux termes désignent la même chose dans l'usage courant : un stock sans mouvement depuis longtemps. Le stock obsolète est le cran suivant, quand plus aucune demande n'est attendue et que la dépréciation devient inévitable.
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