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Quantité économique de commande : la formule de Wilson

La quantité économique de commande, donnée par la formule de Wilson, équilibre le coût de passation des commandes et le coût de possession du stock. Voici la formule, un exemple chiffré et ses limites.

Mansour NiangPar Mansour Niang, CEO & cofondateur de Clevizio·Publié le 26 août 2026·Mis à jour le 14 septembre 2026·5 min de lecture
Quantité économique de commande : la formule de Wilson

L'essentiel

La quantité économique de commande, donnée par la formule de Wilson, équilibre le coût de passation des commandes et le coût de possession du stock. Voici la formule, un exemple chiffré et ses limites.

Le problème que résout la quantité économique de commande

À chaque référence se pose la même question : combien commander à la fois ? Commander de petites quantités souvent multiplie les coûts de passation et de réception, mais garde peu de stock. Commander de grosses quantités rarement réduit ces coûts fixes, mais immobilise du capital et gonfle les coûts de possession. La quantité économique de commande, ou QEC, cherche le point où la somme de ces deux coûts est la plus basse. C'est un arbitrage classique entre coût de commande et coût de stockage, formalisé par la formule de Wilson.

La formule de Wilson en clair

La formule de Wilson calcule la quantité qui minimise le coût total. Elle combine trois éléments : la demande annuelle, le coût de passation d'une commande et le coût de possession d'une unité en stock sur l'année. Elle s'écrit : quantité économique = racine carrée de (2 × demande annuelle × coût de passation d'une commande, divisé par le coût de possession unitaire annuel). Plus la demande et le coût de commande sont élevés, plus la quantité optimale grandit ; plus le coût de possession est élevé, plus elle diminue. Le résultat se lit comme un ordre de grandeur plutôt que comme un chiffre magique : il sert à éviter les deux extrêmes, commander à l'unité en permanence ou constituer des montagnes de stock.

ParamètreEffet sur la quantité optimale
Demande annuelle élevéeQuantité plus grande
Coût de commande élevéQuantité plus grande
Coût de possession élevéQuantité plus petite

Exemple chiffré de la formule de Wilson

Un exemple illustratif fixe les idées. Une référence se consomme à 12 000 unités par an, chaque commande coûte 50 euros à passer et à réceptionner, et garder une unité en stock pendant un an coûte 2 euros. Le numérateur vaut 2 × 12 000 × 50, soit 1 200 000, que l'on divise par 2 pour obtenir 600 000 ; la racine carrée donne environ 775 unités par commande. Avec cette quantité, l'entreprise passe 12 000 / 775, soit un peu plus de 15 commandes par an, une toutes les trois semaines et demie environ. Le coût annuel de passation s'établit autour de 775 euros, et le coût de possession du stock moyen, 775 / 2 unités multipliées par 2 euros, autour de 775 euros également. À l'optimum, les deux coûts s'égalisent, ce qui est la signature de la formule. Si l'on commandait par 300, le coût de passation grimperait à 2 000 euros pour un coût de possession de 300 ; par 2 000, ce serait l'inverse, 300 euros de passation contre 2 000 de possession. La courbe du coût total est plate autour de l'optimum : commander 700 ou 850 change peu de chose, et c'est ce qui rend la formule robuste malgré ses hypothèses.

Ce que la QEC apporte au quotidien

La QEC est utile parce qu'elle transforme une décision d'intuition en calcul objectif. Elle met un chiffre là où l'on décidait souvent au doigt mouillé, et elle révèle des économies invisibles : sur des références commandées trop souvent, elle réduit les coûts de traitement ; sur des références sur-commandées, elle libère du stock. Appliquée à un catalogue entier, elle rationalise les tailles de lot et sert de base à la négociation avec les fournisseurs sur les conditionnements et les remises.

Loi de Wilson et coût de possession du stock

Le paramètre le plus mal estimé de la loi de Wilson est le coût de possession, et c'est aussi celui qui pèse le plus sur le résultat. On le calcule en appliquant un taux de possession annuel au prix unitaire de l'article. Ce taux additionne le coût du capital immobilisé, le coût de l'entrepôt et de la manutention, l'assurance, l'obsolescence et la démarque. Selon le secteur et la nature des produits, il varie fortement, et une entreprise qui le sous-estime commande de trop grosses quantités sans le savoir. Reprenons l'exemple précédent : si le coût de possession réel est de 4 euros par unité et par an au lieu de 2, la quantité économique tombe à environ 548 unités, et le stock moyen recule d'autant. À l'inverse, une hausse du coût de passation, par exemple parce que la réception exige un contrôle qualité lourd, pousse la quantité vers le haut. Fixer ces deux coûts avec la finance, plutôt que de les laisser à leur valeur par défaut dans l'ERP, est la première action à mener avant de faire tourner la formule sur un catalogue.

Nombre de commandes par an et période économique

La formule de Wilson se lit aussi dans l'autre sens. Une fois la quantité économique connue, le nombre optimal de commandes dans l'année s'obtient en divisant la demande annuelle par cette quantité. La période économique, c'est-à-dire l'intervalle entre deux commandes, s'obtient en divisant le nombre de jours ouvrés de l'année par ce nombre de commandes. Dans l'exemple, un peu plus de 15 commandes par an donnent une commande toutes les trois semaines environ. Cette lecture en cadence est souvent plus pratique que la lecture en quantité, parce que les acheteurs travaillent par calendrier : commander toutes les trois semaines se planifie, se groupe avec d'autres références du même fournisseur et s'aligne sur les tournées de livraison. Elle ouvre aussi la porte au groupage : si dix références du même fournisseur ont chacune leur période économique, on cherche une cadence commune qui minimise le coût de commande partagé, et la formule se généralise. C'est là que la quantité économique cesse d'être un calcul par article pour devenir une politique d'approvisionnement.

Les limites de la formule

La formule de Wilson repose sur des hypothèses rarement vraies en totalité : demande stable et connue, coûts fixes, absence de remise sur quantité, réapprovisionnement instantané. Dans la réalité, la demande varie, les fournisseurs offrent des remises par palier, et les contraintes de conditionnement s'imposent. La QEC reste donc un point de départ à ajuster, pas une vérité absolue. Utilisée mécaniquement sur des références volatiles ou saisonnières, elle induit en erreur. C'est un repère, à croiser avec le bon sens et les contraintes réelles.

Optimiser la taille de lot ne protège pas de l'imprévu

La QEC optimise un coût en régime stable. Elle ne dit rien de ce qu'il faut faire quand un imprévu frappe : une commande urgente à honorer, une rupture qui oblige à réapprovisionner en catastrophe, un fournisseur défaillant. Dans ces moments, l'optimum théorique passe au second plan : il faut chiffrer ce que coûte chaque réaction possible et choisir celle qui limite la perte, quitte à s'écarter de la taille de lot idéale. La formule a réglé depuis longtemps la question du lot en régime de croisière ; celle de l'arbitrage sous pression, elle, reste ouverte dans la plupart des entreprises.

La fiche à retenir

Fiche récapitulative : Quantité économique de commande : la formule de Wilson
  • Le problème que résout la quantité économique de commande
  • La formule de Wilson en clair
  • Exemple chiffré de la formule de Wilson
  • Ce que la QEC apporte au quotidien
  • Loi de Wilson et coût de possession du stock
  • Nombre de commandes par an et période économique
  • Les limites de la formule
  • Optimiser la taille de lot ne protège pas de l'imprévu

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Mansour Niang

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la formule de Wilson ?

La formule de Wilson donne la quantité à commander qui minimise la somme du coût de passation et du coût de possession du stock. Elle s'écrit racine carrée de (2 × demande annuelle × coût de commande / coût de possession unitaire annuel), et son résultat vaut comme ordre de grandeur plutôt que comme chiffre exact.

Comment calculer la quantité économique de commande ?

En prenant la racine carrée de deux fois la demande annuelle multipliée par le coût d'une commande, divisée par le coût de possession unitaire. Exemple illustratif : 12 000 unités par an, 50 euros par commande et 2 euros de possession donnent environ 775 unités par commande.

La loi de Wilson est-elle encore utile en gestion des stocks ?

Oui, comme repère sur les références à demande stable, à condition d'ajuster le résultat aux remises, aux conditionnements et à la variabilité réelle. Sur les articles volatils, saisonniers ou sans historique, elle induit en erreur si on l'applique mécaniquement, et un planificateur doit garder la main.

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