Fill rate : mesurer ce que vous servez vraiment
Le fill rate mesure la part de la demande servie immédiatement depuis le stock. C'est un indicateur de service plus fin qu'il n'y paraît, à condition de savoir ce qu'il compte, et ce qu'il ignore.
L'essentiel
Le fill rate mesure la part de la demande servie immédiatement depuis le stock. C'est un indicateur de service plus fin qu'il n'y paraît, à condition de savoir ce qu'il compte, et ce qu'il ignore.
Ce que mesure le fill rate
Le fill rate, ou taux de service par les stocks, mesure la part de la demande que vous servez immédiatement à partir du stock disponible, sans rupture ni retard. Si vos clients ont demandé 1 000 unités et que vous en avez livré 950 dans les délais depuis le stock, votre fill rate est de 95 %. C'est un indicateur central de la qualité de service, parce qu'il traduit directement l'expérience du client : a-t-il eu ce qu'il voulait, quand il le voulait. Il complète les indicateurs financiers de stock par une vision service.
Fill rate, taux de service, OTIF : les nuances
Ces termes se recoupent mais ne mesurent pas exactement la même chose. Le fill rate se concentre sur la part de la demande servie depuis le stock. L'OTIF (On Time In Full) est plus exigeant : il compte une commande comme réussie seulement si elle est livrée à la fois complète et à l'heure. Une commande livrée à 95 % ou avec un jour de retard échoue à l'OTIF mais peut afficher un bon fill rate. Choisir le bon indicateur dépend de ce qui compte pour vos clients, et surtout, il faut définir précisément ce qu'on mesure avant de comparer.
| Indicateur | Ce qu'il compte |
|---|---|
| Fill rate | Part de la demande servie depuis le stock |
| Taux de service | Disponibilité au moment de la demande |
| OTIF | Commande complète ET à l'heure |
Comment bien le calculer
Le diable est dans la définition. Compte-t-on en lignes de commande, en quantités, en valeur ? Une commande partiellement servie compte-t-elle pour zéro ou au prorata ? Sur quelle fenêtre de temps ? Deux entreprises qui affichent 95 % peuvent mesurer des réalités différentes. L'important est de fixer une définition claire, de s'y tenir dans le temps et de la documenter, sinon les comparaisons d'une période à l'autre ou avec un objectif n'ont aucun sens. Un fill rate mal défini rassure à tort ou inquiète sans raison.
Un fill rate élevé se paie
Viser un fill rate très élevé a un coût qui grimpe vite dans les derniers pourcentages. Passer de 95 % à 99 % de service demande souvent bien plus de stock de sécurité que passer de 90 % à 95 %, parce qu'il faut couvrir des cas de plus en plus rares. La bonne cible se module donc selon l'importance du produit et du client, plutôt que de viser 100 % partout. Sur une référence stratégique servant un client clé, l'effort se justifie ; sur un article secondaire, viser trop haut gaspille de la trésorerie.
Cet article part d'une conviction : la prévision parfaite n'existe pas, ce qui compte c'est la décision d'après.
La fiche à retenir

- Ce que mesure le fill rate
- Fill rate, taux de service, OTIF : les nuances
- Comment bien le calculer
- Un fill rate élevé se paie
Clevizio
Clevizio est la couche de décision qui se branche sur vos outils existants : elle détecte l'imprévu, simule vos options et garde la mémoire de chaque arbitrage. Découvrir comment fonctionne le copilote de décision.
Questions fréquentes
Comment calcule-t-on le fill rate ?
En rapportant la demande servie immédiatement depuis le stock à la demande totale. Exemple : 950 unités livrées à temps sur 1 000 demandées donnent 95 %. La définition exacte (lignes, quantités ou valeur) doit être fixée et documentée pour que le chiffre ait un sens.
Quelle différence entre fill rate et OTIF ?
Le fill rate mesure la part de la demande servie depuis le stock. L'OTIF est plus strict : une commande ne compte que si elle est livrée complète ET à l'heure. Une commande à 95 % ou avec un jour de retard échoue à l'OTIF mais garde un bon fill rate.
Faut-il viser 100 % de fill rate ?
Rarement. Les derniers pourcentages coûtent très cher en stock de sécurité. Mieux vaut différencier la cible selon l'importance du produit et du client : effort maximal sur le stratégique, niveau raisonnable sur le secondaire.
À lire aussi
Mettez enfin un chiffre sur ce que vos imprévus vous coûtent chaque année.
Commençons par estimer ce que vos imprévus vous coûtent réellement. C'est gratuit, ça prend 30 minutes, et vous repartez avec un chiffre que personne dans votre entreprise ne connaît aujourd'hui.
